Mercredi 8 août 2007
Et si... je publiais des passages de ma vie, antérieurs au blog?

Je tenais à intervalles très irréguliers ce qu'il est coutume d'appeler un "journal".

Hier, Internet m'a planté. Alors j'ai ouvert, parcouru, fermé, certains passages.

Certains m'ont fait plus mal que d'autres.
Est-il possible que ma réflexion n'avance pas, ou très peu, au cours des années?

Un passage datant d'il y a deux ans et demi m'a touchée.
Il est peut-être l'exception qui confirme la règle, un exemple de progression. Au point que j'avais jusqu'à oublié que j'avais un jour écrit ou pu écrire ces lignes.

Bien à vous,
Murmeltier


"Dimanche 20 mars 2005
 

Je pleure. Comme j’ai rarement pleuré au cours des derniers mois. Uniquement tournée sur mes « soucis » :

-mes problèmes de connexion à Internet « Le » jour où j’avais décidé de me consacrer à bazarder mon CV (dont tout le monde se contrefout) sur la toile,

-mon père qui, décidément, est la personne la moins généreuse qui gravite autour de moi

-mon Julien chéri dont je suis très amoureuse ces derniers temps et que j’ai envie d’aller retrouver de suite, mais que je n’ose même pas appeler afin de ne pas lui donner l’impression que mon fragile équilibre de ces derniers temps n’est encore « équilibre » que grâce à lui… pas envie de faire peser sur lui quelque pression que ce soit,

-ma maman, mon incroyable et dévouée maman, qui, dans ces moments de « crise » a tenté de faire l’effort de me réconforter, chose très émouvante quand on connaît nos relations.

 

J’ai peur. De ne pas être à la hauteur. De faillir. De décevoir. De me rater, me « gâcher » pour reprendre une expression très familiale. Jusqu’à où ira la décadence de celle qu’on présentait comme un génie à 14 ans ? Après avoir renoncé successivement à l’X, HEC et bientôt je ne sais quel autre rêve, je suis ébahie de n’être que l’ombre des projets que le monde avait pour moi.

Quel sens cela a-t-il de se battre ?

Pourquoi diable s’échine-t-on à faire des études poussées ? Ma vie s’inscrit-elle nécessairement dans un paradigme où « faire ses preuves » est le passage obligé pour accéder à la quiétude ?

Quid de « faire ses preuves » ? Veut-on que j’intègre une certaine quantité de connaissances, de compétences ? ou bien que je sois considérée, pour avoir réussi un certain nombre de concours, comme assez « apte » intellectuellement à occuper un poste où ce qui compte n’est pas le savoir acquis durant les études, mais l’intelligence du moment, le regard lucide et opérationnel sur ce qui m’entoure ?

 
Au programme demain :

-rendez-vous à 9h45 avec le Dr Leymarie, à Garches. J’adore cet endroit maudit. On y arrive en trottinant 15 minutes depuis la gare de Marnes la Coquette. On presse le pas, parce que, forcément, on est légèrement en retard. Et puis, on resonge à la dernière consultation. Celle au cours de laquelle le chirurgien a regardé l’air goguenard la radio de votre genou en s’exclamant « Il a vraiment une sale gueule ». On revoit la merveilleuse réplique :

« Docteur, puis-je faire du ski ?

- Oui, allez-y. Profitez-en tant que vous pouvez encore le faire ».

Et là, vous vous dîtes : merde. J’ai 22 ans, et non 60…

Bref, lever à 7h pour être à l’heure.

-cours de la fac. De quand je sors de Garches à 16h50.

-ESCP, rendez-vous avec la directrice des études pour parler de ma vie. Il faut que je me promette de ne pas exploser en sanglots dans son beau bureau.

-Internet à outrance pour rattraper tout le temps perdu ce soir pour cause se connexion impossible.

-dîner chez les Duminy."
 
 
Par Avital Grinberg - Publié dans : 150 days in Berlin - Communauté : Expatrie(e)s
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Lundi 6 août 2007
Par Avital Grinberg - Publié dans : 150 days in Berlin - Communauté : Expatrie(e)s
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Lundi 6 août 2007
Par Avital Grinberg - Publié dans : 150 days in Berlin - Communauté : Expatrie(e)s
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Vendredi 3 août 2007
Chers amis,

Votre marmotte préférée est sortie du tunnel.
Ce tunnel avait quelques propriétés exceptionnelles que j'aimerais partager avec vous.
Imaginez-vous en train de courir sur un toit, particulèrement haut. Vous tentez de trouver un rythme de respiration, des pensées, êtres, projets sur lesquels focaliser. Car la course est longue. Ce toit a décidément une charpente interminable. Mais le plus pernicieux dans l'histoire réside dans un autre élément. Vous portez un casque sur les oreilles, qui vous communique des informations importantes durant la course. Voici les informations reçues:
- au bout du toit, il y a un vide;
- de l'autre côté du vide, il y a un autre toit.

Vous pouvez donc plonger à l'issue de votre course. Ou alors sauter. Le rythme de votre course vous est imposé. Vous devez donc gérer l'effort pour:
- maintenir le rythme;
- et ce durant un temps potentiellement long;
- pouvoir sauter loin le moment venu.

Et que se passe-t-il lorsqu'après avoir fait une course parfaite, vous effectuez un saut suffisamment loin pour  atterir sur le toit voisin?

Vous continuez à courir...

Suis-je trop énigmatique? La métaphore est-elle trop tirée par les cheveux?
Ou avez-vous compris ce qu'il s'est passé dans ma vie berlinoise?

Deux mois et demi à courir. Courir même très vite durant le dernier mois. Des heures d'études assise à ce bureau d'où je rédige ce post. La barre était haute. Je le sais: c'est moi qui l'ai mise là. Pas le choix? Facile à dire lorsque l'on a soi-même fait en sorte de se trouver devant la difficulté.
J'avoue. Le challenge scolaire était celui que j'avais délibérément choisi. Je l'ai clairement sous-estimé.
Ce dernier a été éprouvant. A quelques exceptions, 8 à 10h de travail -je pense intense- par jour. Mais le plus étonnant dans cette affaire très banale, car les préparationnaires connaissent bien ceci, est ma réaction face à cette pression.

Pas le choix. Assurer la course ET le saut.
En prépa, il y a une classe, des professeurs qui sont vos mentors, une famille à vos côtés ou pas loin. En bref, il y a un cadre, un semblant de structure. Qui permet de donner un équilibre à l'effort que vous fournissez.

Et soudain, j'étais seule. Pas de mentors. Pas de famille pour me rappeler qu'il était l'heure de manger, de dormir ou de travailler. J'avais peur. Peur de me retrouver livrée à moi-même. A devoir courir seule. Et de gâcher cette liberté quasi infinie dans laquelle je vis. Pas d'engagement, pas de responsabilité. A plonger dans les extrêmes. Comme toujours. Avant.

Essayant de dégager de ma cervelle toute question qui pouvait se rapprocher un tant soit peu à "does it make sense", "and after all, which sense are we talking about?", j'ai avancé seule. Concentrée autant que possible.

Du chaos peut-il naître de l'ordre? De mes déséquilibres passés, se peut-il que la seule chose qui émerge soit une discipline et de la rigueur à toute épreuve?

Aussi étonnant que celui puisse paraître, un mois d'équilibre et de travail rationnel au possible est passé.
Le seul extrême atteint est sans doute le "trop d'équilibre".

La recette magique pour garder le rythme était donc cela. Au point que le saut effectué, la chute évitée... J'AI CONTINUE A COURIR.

L'équilibre n'est-il apparu qu'en raison de l'adversité? Peut-il survivre à l'oisiveté? A des vacances.
Je ne le savais pas. J'ai poursuivi le rythme le lendemain de la dernière épreuve. Achevé le rapport d'échange de 18 pages que je compte remettre à l'Ecole en septembre. En moins de 5h.

Oui, de l'exigence naît l'équilibre. Alors si l'équilibre s'atteint à ce prix, ALLONS CHERCHER L'EXIGENCE:
CONTINUONS A COURIR

Mais de l'exigence ne naît pas la réponse à la question "after all, which sense are we talking about?"

Par Avital Grinberg - Publié dans : 150 days in Berlin - Communauté : Expatrie(e)s
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Lundi 30 juillet 2007
Les événements me passent très largement au -dessus du crâne en ce moment.
Je me recroqueville dans un écrin d'insensibilité et de détachement, afin que rien ne vienne me distraire.
Ainsi, Marco est parti hier.
En me laissant un éléphant taïlandais.
Trop mignon. Et qui tient maintenant compagnie au cochon pékinois. Etant voisins (du moins d'origine) j'espère qu'ils parviendront à communiquer.
Incapable de laisser exprimer quelque sentiment que ce soit, je lui ai dit au revoir. Et je remets le deuil de ce départ à demain 15h30.
Quand tout sera redevenu possible.

Merci Marco,

La dame de fer
Par Avital Grinberg - Publié dans : 150 days in Berlin - Communauté : Expatrie(e)s
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Vendredi 27 juillet 2007
Oui, libération dans 4 jours...
Finie la prépa, finis les impondérables digestifs liés au stress
Finie les pâtes cuites en 10 minutes pour ne pas perdre davantage de temps avant de me remettre aux calculs.
Vous savez quoi?

Si je devais recommencer les fusions et acquisitions en banque mercredi... j'arriverais à me sentir en vacances.
JAMAIS je n'ai eu autant de pression.
Alors je l'évacue comme je peux, en déversant sur vous, chers lecteurs, ma frustration de n'être toujours pas libérée.
Et je vous aime quand même.
Si, si.
Par Avital Grinberg - Publié dans : 150 days in Berlin - Communauté : Expatrie(e)s
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Mercredi 25 juillet 2007
http://www.gapminder.org/video/talks/ted-2007---the-seemingly-impossible-is-possible.html
A way to make everyone love economics!!!!

More info?

Hans Roslings presentation at the TED-conference in 2006 has been seen by around 500.000 people over the internet, at TED's web-page , at Google Video or Youtube.

This year, 2007, Hans Roslings TED-speach focused on making the seemingly impossible, possible.

Thanks Dinka!


Par Avital Grinberg - Publié dans : 150 days in Berlin - Communauté : Expatrie(e)s
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Dimanche 22 juillet 2007
A tous les garçons gays, qu'ils l'assument ou non, ... et - tout compte fait - qu'ils le soient ou non.

Enfin bref, je commence à dire n'importe quoi.

Parfois, de mon bureau je m'évade avec de la nourriture électronique dans les oreilles. Et me retrouve catapultée sur le podium du Destination. Que ces moments d'oubli de soi, d'auto-dérision et de sondage de limites physiques, psychologiques, et.... me manquent!

10 jours à tenir avant de renouer avec les afters...
Priez pour moi.

Je n''ai pas tenu et bien que cela nuise aux révisions, mon violon est de nouveau opérationnel et je peux recommencer à casser les oreilles de tout le voisinage.

Merci petite Lien-Nhi pour ce week-end en ta compagnie. Et promis, la prochaine fois, on dort plus!

J'ai très précisément 1,40 euros en poche (ma banque fait un caca nerveux et a décidé que je ne pouvais retirer plus de 300 euros par semaine... hyper pratique quand le loyer est de 250 euros...). Et si demain, ma carte n'est pas débloquée, je vais faire du violon dans le U-Bahn entre deux sessions de révisions...
Si vous voulez m'écouter, je serai probablement à Eberswalderstrasse










Just kiddin'
Par Avital Grinberg - Publié dans : 150 days in Berlin - Communauté : Expatrie(e)s
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Jeudi 19 juillet 2007
Oui, il y en a la moitié derrière moi
J'aimerais pouvoir dire "le plus dur est devant moi" (non, non, il n'y  a pas erreur)... car les deux grosses épreuves mathématiques arrivent bientôt... Mais la difficulté d'un des examens passés me fait trembler...

Par Avital Grinberg - Publié dans : 150 days in Berlin - Communauté : Expatrie(e)s
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Lundi 16 juillet 2007
Un SDF tout bourré chante depuis deux heures - assez faux, il faut le dire - sous nos fenêtres.
J'essaie d'empêcher Marina de lui balancer un pot de fleurs.

Par Avital Grinberg - Publié dans : 150 days in Berlin - Communauté : Expatrie(e)s
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