Je pleure. Comme j’ai rarement pleuré au cours des derniers mois. Uniquement tournée sur mes « soucis » :
-mes problèmes de connexion à Internet « Le » jour où j’avais décidé de me consacrer à bazarder mon CV (dont tout le monde se contrefout) sur la toile,
-mon père qui, décidément, est la personne la moins généreuse qui gravite autour de moi
-mon Julien chéri dont je suis très amoureuse ces derniers temps et que j’ai envie d’aller retrouver de suite, mais que je n’ose même pas appeler afin de ne pas lui donner l’impression que mon fragile équilibre de ces derniers temps n’est encore « équilibre » que grâce à lui… pas envie de faire peser sur lui quelque pression que ce soit,
-ma maman, mon incroyable et dévouée maman, qui, dans ces moments de « crise » a tenté de faire l’effort de me réconforter, chose très émouvante quand on connaît nos relations.
J’ai peur. De ne pas être à la hauteur. De faillir. De décevoir. De me rater, me « gâcher » pour reprendre une expression très familiale. Jusqu’à où ira la décadence de celle qu’on présentait comme un génie à 14 ans ? Après avoir renoncé successivement à l’X, HEC et bientôt je ne sais quel autre rêve, je suis ébahie de n’être que l’ombre des projets que le monde avait pour moi.
Quel sens cela a-t-il de se battre ?
Pourquoi diable s’échine-t-on à faire des études poussées ? Ma vie s’inscrit-elle nécessairement dans un paradigme où « faire ses preuves » est le passage obligé pour accéder à la quiétude ?
Quid de « faire ses preuves » ? Veut-on que j’intègre une certaine quantité de connaissances, de compétences ? ou bien que je sois considérée, pour avoir réussi un certain nombre de concours, comme assez « apte » intellectuellement à occuper un poste où ce qui compte n’est pas le savoir acquis durant les études, mais l’intelligence du moment, le regard lucide et opérationnel sur ce qui m’entoure ?
-rendez-vous à 9h45 avec le Dr Leymarie, à Garches. J’adore cet endroit maudit. On y arrive en trottinant 15 minutes depuis la gare de Marnes la Coquette. On presse le pas, parce que, forcément, on est légèrement en retard. Et puis, on resonge à la dernière consultation. Celle au cours de laquelle le chirurgien a regardé l’air goguenard la radio de votre genou en s’exclamant « Il a vraiment une sale gueule ». On revoit la merveilleuse réplique :
« Docteur, puis-je faire du ski ?
- Oui, allez-y. Profitez-en tant que vous pouvez encore le faire ».
Et là, vous vous dîtes : merde. J’ai 22 ans, et non 60…
Bref, lever à 7h pour être à l’heure.
-cours de la fac. De quand je sors de Garches à 16h50.
-ESCP, rendez-vous avec la directrice des études pour parler de ma vie. Il faut que je me promette de ne pas exploser en sanglots dans son beau bureau.
-Internet à outrance pour rattraper tout le temps perdu ce soir pour cause se connexion impossible.
moi aussi j'suis a Berlin! Je cherche d'ailleurs une WG a P-berg!! si tu connais quelqu'un qui cherche...