La marmotte s'amuse à jouer les globe trotters. Elle atterrit de Pékin, fait la nouba trois jours à Paname, reprend un train pour Berlin. Et se rend compte qu'elle est perdue. Un peu. émotionnellement en tout cas.
je la fais brève parce que je suis éreintée: je suis arrivée à Berlin hier.
Je dors à la colloc de Pauline, amie de Camille, petit ami d'Arnaud, avec qui je travaillais à Beijing.
Vous avez suivi, les grands?
Génial. J'ai un peu de mal à switcher du chinois à l'allemand, et continue obstinément à répondre xiéxié à la boulangère qui me tend mon bretzel...
je sors à l'instant du Lac des Cygnes, au Staatsoper. ma deuxième soirée berlinoise est plutôt réussie. ok, j'avoue et j'ai honte, je plongeais du nez de fatigue mais Natasha me filait des coups de coude dans le ventre bien quand il fallait donc je n'ai quasiment rien loupé!
l'avantage, lorsque l'on étudie à la Humboldt et que l'on a un doute sur la programmation de l'Opéra pour le soir même... on traverse la rue!
Youpi, j'adore et je vais me prendre mes abonnements. Ceux qui viennent par ici tantôt risquent de se retrouver avec Barenboïm en récital, les Noces de Figaro ou je ne sais quoi encore, programmation des prochains jours...
au dodo la marmotte
demain, je visite trois terriers et dimanche aussi!
Nouvelle ville, nouvelle vie, nouvelles têtes.
La transition n'est pas si dure, mais j'avoue nager dans mes jeans taille basse tant (en une semaine) tant j'ai couru, visité, discuté, cherché... et trouvé!
C'est la bonne nouvelle du jour, l'avenir dira s'il s'agit d'une bonne nouvelle tout court
j'ai un appart. Au coeur de Berlin (Prenzlauer Berg), dans une collocation très folklorique.
Prenez deux personnes - un homme et une femme dans mon cas - âgées d'environ 45 ans, faîtes leur vivre une passion dévorante, fusionnelle, etc. durant treize ans. Et puis, créez les conditions qui font qu'ils ne sont plus amoureux l'un de l'autre, mais sont devenus inséparables, complémentaires, complices pour toujours... et qu'ils n'envisagent pas de vivre autrement qu'ensemble...
ça y est, vous avez mes collocs!
J'en connais qui frissonnent en lisant ces lignes ("Mais qu'allait-elle donc faire dans cette galère???"). Oui, je vous le demande bien.
"Je ne sais pas" , dit Marmotte avec son sourire faussement naïf
En réalité, il se dégage de ce couple, qui n'en est pas un, une chaleur formidable. Elle parle un anglais académique. A mon grand désespoir. Lui parle également anglais, mais est plus conséquent qu'elle (quand on lui parle en allemand, il répond en allemand)
au fait, ils s'appellent Marina et Christian. Ils sont brocanteurs (ça colle avec le reste, non?)
Et quand les amants de l'une ou les maîtresses de l'autre débarquent, ils intervertissent de chambre pour laisser la plus vaste et plus "tranquille" aux visiteurs/visiteuses.
C'est assez chaotique ce que j'écris, mais cela reflète pas mal l'esprit de l'appartement. J'ai négocié de faire ce que je voulais dans ma chambre (23 m²). donc je commence par virer la moquette, qui n'est pas du tout à mon goût. En dessous, il n'y a qu'un lino sale et garni de tâches de peinture (mes prédécesseurs avaient visiblement tenté, eux aussi, de redorer le blason de la chambre). donc Christian m'emmène mardi choisir une autre moquette. Les murs sont un sujet dont je ne m'occuperai que dans un second temps...
La suite au dessus!
C'est peut-être la seule explication plausible... pour comprendre mon coup de coeur pour cette collocation qui ne s'annonce pas de tout repos!!!
NON SEULEMENT IL Y A UN JARDIN... Mais il y a des choses fort intéressantes dans ce jardin!
en deux mots: vous êtes au coeur d'une des villes les plus animées d'Europe. Il y a des milliers de bars dans un rayon de 5 kilomètres. ça mange, ça boit, ça achète, ça promène le chien, les enfants, Bobonne. Bref, c'est effervescence.
Puis, vous passez un porche -le mien!!!-
Et vous êtes au coeur de mon jardin berlinois, petit havre de paix dans ce monde qui va un peu vite. Les occupants de l'immeuble ont aménagé un petit cercle de bancs, de chaises et de hamac, où chacun vient boire sa tisane du soir ou fumer son clope. en discutant de tout et de rien, en riant bêtement...
Lorsque j'ai débarqué la première fois dans le jardin, Christian m'a présenté mes nouveaux amis: et là... c'est le fou rire.
Mes amis marchent sur deux pattes, ont un bec, une crête et des ailes... Ce sont les coqs et les poules de la Schliemmanstrasse!!!
Où trouver les poules à Berlin?
Bon, vous pouvez imaginer qu'avec mes camarades Erasmus, les blagues foireuses se succèdent... J'ai un poulailler dans mon jardin. Et alors?
Tous les jours, j'irai ramasser les oeufs pour l'omelette. et voilà.
Par exemple, aujourd'hui, Christian part à la campagne pour écanger deux des trois coqs contre des poulets. Parce que le problèmes de coqs, est qu'ils se livrent une bataille vocale tous les matins, de préférence entre 2h et 4h et que les habitants de Prenzlauerbeg ont beau être très gentils, la survie des coqs était menacée...
il ne restera donc plus qu'un coq, deux poules et des poulets qui arrivent ce soir. Il va falloir les baptiser. Le Coq s'appelle Daddy, logique. Les poules, je ne sais pas.
Il y a aussi un champ de fraises et un autre de tomates. Et des voisins trop gentils qui organisent une fête dès demain. Je connaîtrais ainsi tous mes fous de voisins!
et ce soir, je cuisine français pour les collocs de Pauline, pour rendre hommage à leur hospitalité. je me lance dans des gougères....
bisous les cocos!
Mais, au moins, elles me font avancer !
C'etait dimanche soir.
Ils etaient des milliers, ils etaient vingts et cents.
Ici, a Berlin, a feter l'Europe.
50 ans. Un age venerable. Et je peux vous dire qu'on lui a fait fete.
Babylon Circus en concert. Je ne connaissais pas vraiment... Il y a de quoi etre fier de notre "nouvelle" scene francaise (qui n'a de vieille que le nom... Le Babylon Circus est depuis 10 ans dans la place).
Imaginez des milliers de jeunes, et de moins jeunes, des trentenaires et des plus vieux encore, avec des momes en poussette ("Les inconscients!!!"), ou des momes adolescen´ts. Simplement la pour celebrer l'Europe, ce qu'elle represente, ce qu'elle leur a apporte et leur apporte encore.
Grand moment. Les 27 pays europeens sont representes. Il y a des stands pour deguster, voir, toucher, jouer, ... avec ce que l'Europe peut offrir de mieux dans sa diversite. Et au milieu de ca, il y a nous, etudiants Erasmus, qui sommes la parce que l'Europe l'a permis.
Ode a la joie. Ode a l'Europe: Feux d'artifices au-dessus de la Porte de Brandeburg. La musique, classique, pop, reggae, tour a tour. Pas de session electro. Ca, c'etait la nuit derniere. Plein de clubs de la capitale avaient participe: un bracelet pour 12 euros, et on pouvait entrer partout. Enfin presque...
Et nous sautons, nous dansons, nous chantons, avec le Balyon Circus. Et nous sommes fiers et heureux d'etre europeens, de parler en trois langues - au moins - quotidiennement, d'ailleurs le leader du groupe montre l'exemple.
Comme lui, nous nous depetrons ici en francais, anglais, allemand...
Bref, Ivresse d'Europe
Merci le Babylon Circus. Merci l'Europe.
LIen: http://www.babyloncircus.com/
C'est le bapteme du mois!
Il est imputable a Jerome, grand Erasmus devant l'eternel, qui essayait ma bicyclette hier sur la route de la Mensa - refectoire- )
Eltulku etant son nom a la seconde ou l'on pose son posterieur dessus.
Elle est evidemment, automatiquement rebaptisee 'Eltatuelku' lorsque l'on en descend.
Bref, un bonheur ce velo, sauf pour mon posterieur qui affiche un bleu qui n'a rien a envier aux blue jeans que je mets tous les jours (que c'est bon d'etre etudiant... plus que 5 mois pour profiter de l'aubaine, vive les jeans et les tongs!)
Et ce soir, preniere soiree a la maison. Les photos devraient arriver au cours du week end prochain, puisque je recupere mon cable photo.
Marc et sa guitare, ou, si l'on veut respecter un ordre d'importance, la guitare de Marc et Marc debarqent avant l'apero pour une session jam. guitare + violon = heureux mariage?
A voir, reponse demain, si je suis en etat!
Il est peremptoire de pretendre pouvoir comparer trois villes.
Pekin, Berlin, Paris. Alors, je ne pretends pas. Je raconte simplement ce que je vois, ce que je vis. Et la premiere chose qui me vient a l'esprit est la suivante : Berlin est une transition revee entre Pekin et Paris.
Et ce a plusieurs titres. Ne serait-ce qu'en ce qui concerne l'architecture, l'urbanisme.
J'ai quitte Pekin et ses avenues pharaoniques, si larges que l'on est decourage rien qu'a l'idee de les traverser - ca peut prendre jusqu'a deux minutes- , ses batiments staliniens, gris, massifs, voulant tant incarner la puissance, inspirer la crainte et le respect, mais n'inspirant au fond que de la pitie et du mepris pour ce systeme qui avilit l'homme.
ET me voici gambadant, ou plutot pedalant dans Berlin Est.
Karl-Marx Allee. Tout un poeme. C'est moche, gris, s'etend a perte de vue, et n'a rien a envier a Jienguomenwai... Bref, on est en plein dans le delire megalomane et impersonnel des regimes communistes.
Et le velo depasse Alexander Platz, entre dans Mitte, va un peu plus vers l'est: Tiergarten, Charlottenburg. Des jolies ruelles, toutes cosies, des maisonnettes, jardinets. On change de monde en 10 tours de pedales. On passe a Berlin Ouest. Drole d'impression. On est en route vers l'architecture parisienne. Enfin, de loin, car Berlin a une personnalite unique. La comparaison n'est pas de mise.
Et moi j'habite a l'Est.
Evidemment.
Etonnamment (ou pas?), il seblerait que les quartiers les plus vivants, les plus attractifs, jeunes, effervescents, bouillonnants, creatifs, soient a l'Est: Friedrischain, Prezlauerberg, Kreuzberg, ...
Un second point, frappant, concerne les autochtones: ces berlinois sont si gentils, "natures", sportifs, ouverts, polyglottes, ferus de musique (de toutes les musiques) et de musees.
Les chinois etaient tres gentils, tres "natures". Sans doute plus encore que les berlinois. Et dans quelques mois je serai de retour en France, ou les habitants sont clairement moins "gentils", plus difficiles d'acces.
Il y a comme une gradation. Je vais du plus gentil au plus mechant. Amis francais, ne m'en voulez pas. Vous savez a quel point je suis attachee a notre Republique. Cependant il faut reconnaitre que nous ne sommes pas le peuple le plus cordial, chaleureux, ouvert et xenophile de la Terre.
Je me sens un peu chez moi ici. Mon nom de famille induit des clins d'oeil, ou encore "de quelle viens-tu?" (ca, c'est quelqu'un avec qui je n'ai discute que quelques secondes et qui n'a pas encore grille que je n'etais pas allemande.... Ce petit accent francais. Le pire, c'est que les Allemands adorent les accents. Et que si je me fais un devoir de le perdre, je perds du coup toute l'aura creee par cet accent...)
Vous souvenez-vous de la pub Narta dans laquelle une jeune fille fait le mur (de son pensionnat), se pchite trois fois du Narta et devient une reine de la nuit... Avant de rentrer pimpante au petitmatin. Et pchit pchit encore un peu de Narta. Oui c'est genial grace a mon Narta je peux etre ce que je veux etre...
Etre une pensionnaire modele et une deesse de la nuit.
Non, je ne suis pas la jeune fille de la pub (leider nicht). Mais je ressens depuis peu cette impression de courir deux lievres tres differents a la fois. Non, pas de lievres masculins en vue. Il s'agit plutot de lievres-choix-de-vie.
J'ai mis les pieds a la synagogue de la Rykestrasse, plus grande synagogue d'Allemagne, detruite pendant la guerre (nuit de Cristal, ...), renovee, fief de la communaute "conservative" (mot anglais designant les juifs traditionnalistes, c'est-a-dire entre orthodoxes et liberaux) de Berlin.
Oui, mais pas en ce moment. Car la grande Synagogue est en refection. La communaute "conservative" a deserte les lieux. Et les salles d'etudes de la Synagogue sont occupees par.... une Midrasha.
En d'autres termes, lorsque j'ai debarque a l'office du vendredi soir, office au cours duquel on accueille le Shabat (en blue jeans et baskets.... bonjour l'affiche... je n'ai rien apporte d'autre a me mettre), je tombe nez a nez sur 20-25 jeunes filles. De mon age. De Russie, d'Allemagne, des Etats-Unis, d'Israel. Et je passe la journee de samedi avec elle, ainsi que celle de dimanche. A celebrer shabat dans un premier temps, mais aussi a etudier, a chanter, a discuter a batons rompus sur des sujets philosophico-religieux, a assister a des conferences de philosophes juifs. Et ce en allemand, en anglais, en hebreu, et en russe (il semblerait que toutes les filles qui ne parlaient pas russe le parle un peu actuellement et on m'a prevenu: c'est ce qui risque de m'arriver dans quelques mois si je continue de frequenter la Midrasha).
Bref, donc me voici frequentant assidument, durant trois jours, ce lieu qui est l'equivalent d'une Yeshiva (lieu ou les jeunes gens etudient la Thorah, le Talmud) pour les filles.
Et entre mes visites a la Midrasha, de laquelle je sortais impregnee de spiritualite et de sagesse, je me suis encanaillee vendredi, samedi et dimanche soir, avec les potes Erasmus dans les lieux de vie de Berlin.
Impression de ne plus savoir trop qui je suis. Ou j'en suis. Appreciant les deux facettes de ce week-end (fete et philosophie religieuse) autant l'une que l'autre. Me demandant concretement quels choix, quelles priorites adopter pour mes mois ici-bas et ma vie professionnelle.
Remise en question, recherche de nouveaux reperes.
Je suis desemparee, completement.
Et paradoxalement, c'est cette sensation de perte, vertigineuse, qui me fait rebondir. Ca y est. Cette semaine, je n'ai plus cette flemme que je trainais comme un boulet et freinais toute initiative. C'est le rebond. Bref. Ca va mieux
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