Virées alpines

Mercredi 7 décembre 2005

Parce qu'un stage est parfois contraignant, il est important de pouvoir s'évader, se ressourcer.

Cet été, j'ai pratiqué le ressourcement alpin. Très enrichissement musicalement (si, si), sportivement, et psychologiquement. Vous venez avec moi?

Prenez d'abord un soupçon de Sophie (mais allez-y doucement, la Sophie est affreusement susceptible et agit de manière fourbe). Par ailleurs, elle fait preuve d'une mauvaise foi hallucinante. Je dirais même plus stupéfiante, incroyable, impitoyable...

Non, ceci n'est pas de la délation, la Sophie vous le dira elle-même. D'autre part, derrière sa tronche de je-vous-emmerde et de j'ai-la-flemme-de-monter-un-étage-à-pied, elle vous enchaîne tout de même des centaines de mètres de dénivelé. De quoi vous calmer.

Rajouter deux pincées de Benoît. Une pour l'humour et... une autre pour les blagues foireuses. Mais oui on t'aime coco. Le Benoît a toujours l'air d'atterrir. Ce n'est qu'un air. Une tactique en réalité. Car le Benoît est un être furieusement matérialiste. N'est-ce pas Benoît?

Ensuite, ramenez vos pénates à Servoz (petit bourg à 10 kilomètres de Chamonix). Faîtes-y venir François-René Duchable. Laissez vous enchanter par un concert au soleil couchant, avec pour panorama le Mont-Blanc, la Bionassay et leurs copines. PLongez dans un délice sans nom, au doux son des notes caressées par ce pianiste de renommée internationale. Faîtes vous offrisr un verre de blanc de Savoie et poursuivez la délectation audio-éthylique jusqu'à ce qu'orgasme musical s'en suive... Et faîtes vous raccompagner par Sophie et Benoît.

Les héros en chemin. Première étape. C'est lourd, les muscles sont tout froids et paresseux. Vivement que tout cela se réveille

 

2ème étape...

 

Par Avital Grinberg
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Mardi 28 août 2007
Let's wait and see...
Sous le ciel de Paname depuis à peine 24 heures, je me demande déja comment m'en extraire.
10 jours de vacances reposantes (comment ça vous ne me croyez pas?)
Bilan très factuel: 6 randos, une via-ferrata (avec 1200 mètres de dénivelé de marche d'approche) et une mi-grande-voie (avec 900 mètres de marche d'approche). Yo! le mot "reposant" prend maintenant tout son sens, je crois!

Ce qui m'en reste?
De grands espaces, de belles montagnes et la douceur de la sueur qui coule sur la peau pendant l'effort. La jouissance de continuer à avancer alors que le souffle se fait court et que la peur gagne du terrain...
Merci d'avoir tenu ta promesse, Simon (professée au moment où elle n'avait pas prise, où elle avait quelque chose d'irréelle, d'utopique, quelques jours après le coup de massue... voir l'article Récit de l'accident).
Cette grande voie, j'en viendrai un jour à bout. Et avec toi. Ce but me donne la motivation qui peut-être me manquait pour m'entraîner et progresser.

Physiologiquement, on peut parler de plein d'endorphine, de globules rouges, de vitamine D.
Merci les grands-parents, les familles Bourge et Cominelli, pour m'avoir donné tant de chaleur et d'attention.
Merci aux cocos de Levallois et de Grenoble pour leur gentillesse et dévouement. Sans vous, le chemin à parcourir encore me paraîtrait bien long.

Merci à toi Vincent, tout particulièrement. La montagne est en grande partie une question de confiance. Et pas seulement dans les éléments. Mais aussi dans les hommes. Je te fais aveuglément confiance. Et j'attends avec impatience les prochaines saisons pour continuer à avancer à tes côtés.

Le diplome devrait venir se poser bientôt. Et il est grand temps de passer aux choses sérieuses.
Je viens de boucler mon CV. Il va prendre son envol très bientôt. Grand frisson avant le coup de départ.

Ne pas savoir où donner de la tête. Se perdre dans une infinité de possibles. S'enfoncer dans un vertige d'opportunités et d'envies. Oublier que derrière tout cela se cache les éléments de réponse aux trois questions "mickaeliennes":

1) Qu'est-ce qui a un sens pour moi?
2) En quoi suis-je douée?
3) Qu'aime-je faire?

Après ces mois de cavale, d'escapades et d'apprentissage, quelle est la direction à prendre?
Est-il souhaitable de ne dépendre de personne?
Quelles sont nos véritables ressources? De qui, de quoi ai-je besoin pour avancer?
Y a-t-il une voie idéale ou des voies qui me conviennent et qui m'offriront - chacune - la possibilité de m'épanouir?
Quelles sont mes priorités?

Voici quelques questions qui tournent, tout comme se meuvent dans ma tête des noms de villes, de sociétés ou de métiers.

Quelques clichés pour la route...
Les scènes se déroulent dans la vallée de Serre-Chevalier ou sur ses hauteurs.
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Ao--t-2007-006.jpg Quelques souvenirs de la via-ferrata de Neyzet. Nous sommes partis du chalet (1450m), tout droit dans la forêt au dessus des Guibertes. Puis, Vincent a bifurqué vers le col du Grand Pré. (2550m)... Petit détour donc par le col de l'Eychauda, col du Vent. Remontée sur le pierrier au pied de Neyzet. Enfin, 300 mètres de Via Ferrata pour aboutir au sommet du Rochet de Neyzet (2750m). Une belle ligne, très belle ligne.

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Par Avital Grinberg
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Mercredi 29 août 2007
Revenons un peu sur les pérégrinations récentes à Serre-Chevalier :-)
Simon, Patrick et Bérengère débarquent samedi au chalet. Une randonnée pour nous mettre en jambe et déja s'esquisse le programme du lendemain. Simon a décidé de mettre sa promesse à exécution. Nous allons faire une grande voie ensemble.
Brainstorming pour sélectionner une voie qui convient à mes critères (de sécurité, de difficulté, ...) et c'est "Temple du Soleil" à Roche Colombe qui sort du chapeau.
Voie cotée TD (Très Difficile), 11 longueurs dont 3 en 6a. Avec une échappatoire après la 5ème longueur.
850 mètres de dénivelé pour la marche d'approche...
Exposé de notre projet à Vincent (voisin, guide et surtout ami aux conseils très avisés). Lequel valide le plan...
C'est parti!

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Patrick et Bérengère sont de la partie (et forment la seconde cordée: ils arrivent après nous au pied de la voie... mais nous rattrapent dans la 5ème longueur!)
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Nous évoluons au petit matin au-dessus de l'Alpe du Lauzet, direction le Massif des Cerces et ses magnifiques parois. Dans la brume de cette chaude journée d'été nous distinguons au loin le Dôme du Monêtier, puis une fois un peu d'altitude gagnée, la Barre des Ecrins.

Les arêtes de la Bruyère, l'Aiguillette du Lauzet, Roche-Robert et autres belles parois nous encerclent.
C'est vraiment magnifique.
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Simon me guide, me conseille, gère seul (complètement seul) les manipulations de corde. J'essaie de faire figure de bon "second" mais la peur me tenaille. Les premières longueurs sont parcourues dans ce mélange d'excitation, de peur-panique et de jouissance.

Joie du rocher retrouvé, de ce face à face avec l'élément, de la difficulté perçue par toutes les parties du corps en contact avec la paroi, diificulté qui finit par me submerger complètement.

La 5ème longueur me laisse ce goût amer et doux à la fois.

Un goût semblable à celui d'obstacle vaincu en faisant appel à des ressources insoupçonnées et qui, une fois la longueur achevée, sont intégralement consommées.


Impression de puiser au plus profond du mental et du physique qui me reste, d'être allée au-delà de ce que je pensais pouvoir donner, de m'être dépassée. Et en même temps, amertume de ne pas avoir pu donner plus, de constater que mes limites sont réelles, circonscrites...  et non infinies.
Je pleure de rage dans la difficulté, serrant les dents pour ne laisser sortir que des jurons (contre mes chaussons, contre mon incapacité à surmonter la peur de la chute...)

Je n'échapperai pas à l'échappatoire. Solidarité. La deuxième cordée (Patrick et Bérengère) qui nous a rattrapé dans cette 5ème longueur se joint à nous pour les rappels (qui se révèlent rapides... normal avec 2 x 100m!). Vous verrez donc cette photo que j'adore où nous sommes tous les 4 vachés au relais de la 5ème longueur.
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Merci Simon d'avoir tenu parole. Merci Bérengère et Patrick pour votre présence, sans laquelle j'aurai flippé Ao--t-2007-076.jpg Ao--t-2007-073.jpg Ao--t-2007-089.jpg bien plus.
By the way, il est possible que je revoie à la baisse mon délai d'abstinence
5 ans?
No way...

Par Avital Grinberg
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