Le Grand Lapin Noir est responsable du tarissement incontestable d'articles sur ce malheureux blog. Il convient de statuer sur ce problème.
Tout d'abord, et tous les stratèges vous le diront, mieux vaut connaître son ennemi avant de s'y attaquer. Rassurez-vous, il n'est pas question, ici, de porter atteinte au Grand Lapin Noir. Mais seulement de mieux le cerner.
A quoi ressemble-t-il?
C'est un bon début, non?
C'était il y a bientôt un an...
Rencontre avec les tibétains du Sichuan.
Mon récit.
Elle monte dans le bus. La route est complètement défoncée. Une fine pluie tombe depuis ce matin. Ses pieds sont boueux et probablement trempés. Au moins, à l’intérieur du bus, elle est à l’abri. Elle sourit à la cantonade, balaye le véhicule d’un regard profond et bienveillant, trouve une place. Son visage a le teint hâlé des personnes qui passent la majeure partie de leur temps au grand air. Des rides se dessinent sur son large front. Loin d’être laides, ces rides ne soulignent que davantage la finesse de ses traits. Bouche large et rieuse, de belles dents (qui ont perdu leur blancheur, faute de soins), son nez n’est pas plat, ses pommettes sont rouges et hautes. Ses grands yeux sombres et graves sont égayés par de ridules qui apparaissent lorsqu’elle sourit. C’est-à-dire tout le temps. Ses cheveux, couleur de jais, encadrent son visage princier. Elle est vêtue de la traditionnelle veste en velours tibétaine, rembourrée à l’intérieur de laine de mouton et dont elle n’a enfilé qu’une seule manche, laissant pendre l’autre. Le tout tient grâce à une ceinture bariolée qui fait plusieurs fois le tour de sa fine taille. Les bijoux (colliers, boucles d’oreilles) sont multicolores, sonores et vivants.
Harmonie des couleurs, harmonie des traits, sérénité. Un charme puissant se dégage de cette femme. Soudain, elle fait un geste au chauffeur et l’apostrophe. Elle veut descendre. Je regarde à travers les vitres du bus : il n’y a rien, ni village, ni la moindre trace de présence humaine. Le bus ralentit, s’arrête. Elle descend aussi prestement qu’elle était montée, laissant flotter derrière elle ce supplément d’âme qu’elle semble posséder envers et contre tout. En la regardant s’éloigner, je distingue à quelques centaines de mètres de la route une forme perdue dans les steppes vallonnées. Une yourte, probablement la sienne.
Quelques heures plus tard, notre bus escalade le énième col de la journée. C’est à chaque fois une page qui se tourne : un paysage disparaît afin de laisser place à un nouvel univers. Les steppes se suivent et ne se ressemblent pas. Steppes plates, vallonnées, montagneuses. Cavaliers, troupeaux et yourtes se succèdent. Une sensation d’infini se dégage de ces lieux. Un vieux tibétain, avec un grand bandeau grenat et orange enroulé sur sa tête en turban, portant une robe de lie, ouvre la fenêtre. L’air s’engouffre dans le véhicule, nous faisant frissonner. Ce col doit frôler les 4000 mètres d’altitude et même au mois d’août, le froid est tenace. Le vieux pioche dans un sac une poignée de papiers et les lance à la volée, à l’extérieur du bus. A chaque jet de ces papiers de quelques centimètres carrés et portant les paroles du Bouddha, il marmonne quelques mots. Une prière. Les papiers multicolores s’envolent dans les airs, portés par les vents, et lorsque je me retourne, ils ressemblent à des grains de poussière multicolores, portant les soucis des hommes par delà les cols où nul n’a accès. Ne rien posséder et être heureux, voilà le secret des tibétains.
Qui dit stage dit obligations extra-professionnelles remises au week-end.
Enfin, peut-on parler d'obligations lorsqu'il s'agit de bichonner Anna (voir article éponyme)?
Bon. J'ai découvert une lutherie très sympathique à Vincennes. Larghetto vous accueille avec le sourire, jeunesse et compétence. Et répond à vos mails dans la minute qui suit si vous avez des questions sur le travail, vous accorde votre instrument gracieusement, ...
Bref, merci les garçons, j'ai pu passer le reste de la journée à triper sur Anna!
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