Marmotte bouquine

Dimanche 30 avril 2006

BD

Lorsque j'étais gamine et que je disparaissais pendant des heures, ma mère savait toujours où j'étais... Et à quelle heure je serais de retour. Il lui suffisait pour cela de consulter les horaires de la bibliothèque municipale de Nogent.

Je ne rentrais chez moi que lorsque l'on me mettait dehors, c'est-à-dire à la fermeture. Et je passais un temps infini, doux et délicieux, allongée sur les sofas de la section "jeunesse" de la bibliothèque. J'avais vite fait le constat qu'en terme de rentabilité, il était préférable de lire les BDs sur place et d'emporter les romans chez moi, parce que les uns s'avale, tandis que les autres se mâche.

Ces moments restent parmi les meilleurs de mon enfance. Aujourd'hui, lorsque je passe à la bibliothèque, je suis pressée. La bibliothèque est une des nombreuses étapes du week-end, au même titre que "courses", "mémoire de recherche à rédiger", "lettres de motivation à envoyer" ou "concert". J'y suis en coup de vent. Passagère. Et non plus résidente.

Et vendredi dernier, tandis qu'un pauvre être mettait fin à ses jours en gare de chatelet (à 17h, évidemment) et que je sentais confusément que je ne serais jamais à temps au cours de "baux commerciaux"), je fonce à Nogent. Et je retrouve ma bibliothèque. Paquet de 5 BDs sous le bras, je retourne m'allonger sur les sofas de mon enfance. Temps suspendu, ennivrante odeur du papier qui vieillit. Tout me revient.

C'est ainsi que j'ai découvert Jiro Taniguchi. Mangaka complètement à part (je dois vous avouer que je n'ai jamais vraiment accroché avec ce que l'on désigne par "manga"). Ouvrez Le Journal de mon père, ou encore Quartier lointain, et laissez-vous porter par les bulles. Décollez en douceur dans son univers très réaliste, très naturaliste (à sa manière) : sagas familiales racontées avec sobriété et simplicité. Liberté laissée au lecteur d'appréhender les personnages sans que l'auteur nous impose son jugement : la complexité des rapports humains est parfaitement rendue, aucun des êtres n'est blanc ou noir, bon ou méchant. Contrairement à l'idée que l'on a des mangas à dominante manichéenne (les bons sauvent l'humanité, menacée par d'affreux méchants), ici on retrouve justement des êtres fragiles, vulnérables, qu'il serait facile de juger... mais juger est trop simple. Suspendre son jugement, laisser le temps faire son oeuvre, puis observer SANS juger.

J'en ai déja trop dit.

Pour plus de détails sur cet auteur, rendez-vous sur le site : http://taniguchi.piyopiyo.org/bio_t.php

Et bonne lecture.

 

Par Avital Grinberg
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Samedi 27 mai 2006

C'est l'une de mes découvertes littéraires de la semaine.

Le Journal, en 4 tomes de Fabrice Neaud, aux éditions Ego Comme X.

Boulversant de sensibilité et de fragilité. Etonnant maturité pour un auteur âgé d'à peine 24 ans lorsqu'il esquisse les premières planches du premier opus. La réflexion menée sur la représentation, qu'elle soit le fait d'une bande dessinée ou de tout procédé graphique, est l'un des nombreux fils rouges de cette série. Ouverture d'esprit (qui a dit que les artistes étaient à ranger dans la catégorie "littéraires" et que, par conséquent, ils n'y entendaient rien à la physique quantique, à l'astronomie, à la chimie, aux mathématiques, ...?), introspection poussée à son comble (peut-être trop parfois. Le tome 3 est d'ailleurs un peu longuet... mais incontournable), mise en exergue d'idéaux hypocrites, qu'ils concernent l'homosexualité, l'art ou la vie sociale. Toute vérité n'est-elle pas bonne à dire?

A découvrir de toute urgence! Merci Fabrice.

Liens : http://www.ego-comme-x.com/auteur.php3?id_auteur=11

 

Par Avital Grinberg
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Dimanche 28 octobre 2007
La première revient à P.S. Hier soir, ou plutôt tôt ce matin:
"Il faut s'émoustiller tous les jours"

Je profite de cet instrument de communication pour demander à P.S. d'expliciter ses propos...

La seconde est le fait de ... Je vous laisse deviner:

"Le mot rocher évoque, je pense, une idée d'effort, de danger.
Ce fut pour moi essentiellement un contact, une forme qu'épouse la paume de la main. Peau douce ou peau rugueuse, arêtes vives, lames tranchantes ou nervures arrondies, reliefs délicats, ventrus, bossus, allures provocantes, j'éprouvais un troublant plaisir à toucher, à empoigner, à me couler, à étreindre de la main, des doigts, du corps entier.
Matière chaude, colorée, si peu traîtresse, toujours consentante, disponible pour le plaisir.
Certes, l'escalade semble un effort, mais cette débauche d'explosions musculaires est surtout une ivresse sans limite, un univers de sensations tactiles où l'esprit se fond."


Vous avez reconnu Maurice Herzog, L'Autre Annapurna
No comment.
Par Avital Grinberg
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